Agentic Procurement System
La méthode donne le cap.
Cortex met le travail en mouvement.
Comment quinze années de pratique Achats deviennent un langage commun entre les équipes, leurs données et leurs agents IA.
Par Guillaume Gourmelon
Fondateur de Swott · Auteur de la méthode Impact³
L’intelligence artificielle sait produire une analyse, un tableau ou un contrat en quelques instants. Pour une direction Achats, la question décisive commence ensuite : comment relier ces productions aux bonnes priorités, aux réalités de l’entreprise et à des résultats mesurables ?
C’est autour de cette question qu’a été construite Impact³ × Cortex. Sous l’interface, une même logique relie l’expertise des acheteurs, les données de leur organisation, le déroulement des projets et l’intervention d’agents IA spécialisés. Son ambition : rendre la performance plus accessible, tout en renforçant la capacité des équipes à décider et à agir.
Pour comprendre cette approche, il faut revenir à son point de départ. Avant le logiciel, il y a quinze années de travail aux côtés des directions Achats. Avant les agents, une méthode pour simplifier la complexité du métier.
Le véritable sujet est le travail entre les outils
Dans un service Achats, une part considérable de l’effort se situe entre deux étapes : récupérer une information, remettre un fichier en forme, retrouver un contrat, expliquer de nouveau le contexte, consolider des résultats qui ne suivent pas les mêmes conventions. La compétence est présente. Elle se disperse dans les interfaces, les documents et les habitudes individuelles.
L’arrivée de l’IA peut réduire cette charge. Elle peut aussi ajouter une nouvelle couche de dispersion si chaque acheteur construit ses propres consignes, conserve ses échanges de son côté et produit des analyses déconnectées du pilotage collectif.
La question devient donc celle de l’organisation du travail. Quel objectif poursuit-on ? Quelles données sont nécessaires ? Quel raisonnement doit conduire à la décision ? Qui doit intervenir ? Comment conserver ce qui a été appris et vérifier ce qui a réellement changé ?
Gagner du temps sur une tâche est utile. Éviter de devoir la recommencer l’est tout autant.
Une méthode transmise aux acheteurs puis à l’IA
La méthode Impact³ est issue d’un travail de formalisation et d’amélioration mené avec les directions Achats. Elle organise les liens entre maturité, stratégie, conduite des projets, organisation du service et développement des professionnels. Ces cinq dimensions donnent une cohérence à des activités que les outils traitent souvent séparément.
Le diagnostic permet de situer l’organisation. La stratégie aide à hiérarchiser les enjeux d’un portefeuille. Les projets traduisent les priorités en actions. L’organisation précise les moyens, les responsabilités et les pratiques nécessaires. Le développement des acheteurs soutient leur capacité à faire vivre l’ensemble.
Cette logique suit un fil directeur : politique, stratégie, projets. Une ambition affichée doit pouvoir se retrouver dans les critères d’analyse, les leviers retenus et les décisions du quotidien. C’est particulièrement important pour la RSE : son influence devient concrète lorsqu’elle entre dans le processus de décision.
La particularité de Swott consiste à transmettre ce cadre aux équipes, puis à l’intégrer au fonctionnement de leur assistant IA. Les acheteurs et Cortex partagent ainsi des repères de travail. Une analyse peut être discutée, corrigée et rapprochée des pratiques collectives. L’expertise reste compréhensible par ceux qui doivent l’exercer.
La méthode, avant le logiciel
Rendre la complexité lisible.
Les représentations du livre servent de repères de raisonnement. Elles aident à situer l’organisation, à relier les décisions et à construire une progression commune.
Les cinq piliers, mis en lumière successivement. Icônes originales du Codex Triple Performance, 2023, pp. 46–47 ; animation et légendes de lecture ajoutées pour cet article.

Une logique lean appliquée à la performance Achats
Cette conception rejoint un principe du lean : examiner le travail réel pour réduire les efforts qui ne créent pas de valeur. Dans les Achats, cela signifie limiter les ressaisies, les attentes inutiles, les recherches répétées et les reprises de documents. Cela implique aussi de rendre les pratiques suffisamment explicites pour les améliorer.
Une boucle d’amélioration continue soutient cette démarche : planifier, agir, vérifier les résultats, puis ajuster. Ce cycle PDCA invite à mesurer les progrès et à corriger les dysfonctionnements au fil des projets. La méthode apporte un cadre commun. Le logiciel rapproche les informations. L’IA prend en charge une partie de leur exploitation et de la production des livrables. Ensemble, ces trois éléments permettent de travailler sur le processus complet, plutôt que d’accélérer seulement quelques opérations isolées.
Un cadre commun n’impose pas de traiter tous les achats de la même manière. Le niveau d’analyse doit rester proportionné aux enjeux. Une consultation simple et un projet stratégique ne mobilisent ni les mêmes étapes, ni les mêmes acteurs, ni les mêmes contrôles. Les parcours de projets peuvent être adaptés à cette réalité.
Le travail ne s’arrête pas au livrable
Une boucle, pas une ligne d’arrivée.
Le PDCA donne un rythme à l’amélioration : organiser le travail, l’accomplir, examiner les résultats et ajuster les pratiques.

Lecture animée proposée pour cet article à partir du principe d’amélioration continue présenté dans le livre.
Cortex mobilise les compétences autour du besoin
Pour l’utilisateur, le point d’entrée reste simple : exprimer ce qu’il cherche à faire. Préparer un sourcing, comprendre une hausse de prix, comparer des offres, rédiger un cahier des charges ou construire une stratégie. Derrière cette demande, Cortex mobilise des agents spécialisés et les informations mises à sa disposition.
La demande est interprétée et enrichie avec le contexte disponible. L’orchestration mobilise les expertises adaptées au travail, coordonne leur contribution puis produit un livrable que l’acheteur peut examiner et retravailler. Dans un projet, ce livrable rejoint l’étape concernée et devient un point d’appui pour la suite.
Le système s’appuie sur plus de 90 agents métier couvrant les besoins au sein et autour des Achats. Leur spécialisation permet de cadrer les travaux selon leur objet : analyse de données, contrats, négociation, risques, durabilité ou conduite de projet. L’intérêt réside dans leur contribution au travail demandé et dans la cohérence des résultats obtenus.
Une comparaison d’offres, par exemple, prend son sens avec un besoin défini, des critères explicites et des éléments réellement comparables. L’assistant peut aider à analyser les documents, structurer le rapprochement et préparer les questions à adresser aux fournisseurs. L’acheteur examine les écarts, vérifie les hypothèses et arbitre.
Les organisations peuvent également ajouter leurs propres agents pour intégrer des pratiques et des besoins spécifiques. Cette personnalisation doit être accompagnée d’un cadrage clair : rôle attendu, documents de référence, limites d’intervention et conditions de validation.
L’IA peut élargir le champ de réflexion. La responsabilité de la décision reste humaine.
Une demande, plusieurs compétences
Ce qui se passe entre la question et la décision.
- 01Le besoinCe que l’acheteur cherche à accomplir.
- 02Le contexteLes données et documents disponibles.
- 03Les expertisesLes agents adaptés au travail demandé.
- 04Le livrableUne production à examiner et retravailler.
- 05La décisionUn arbitrage humain, relié au projet.
Une plateforme pour conserver le contexte du travail
La valeur d’un assistant augmente lorsqu’il peut intervenir dans un environnement de travail structuré. Impact³ rassemble les dimensions du pilotage Achats : projets, dépenses, fournisseurs, stratégie, organisation et documents. Les Hubs constituent différentes entrées dans cet ensemble.
Le Project Hub permet de suivre les initiatives, leur avancement et les gains associés, puis de retrouver les étapes et les livrables d’un dossier. Le Data Hub organise l’analyse des dépenses. Le SRM rassemble les informations fournisseurs et les documents utiles à leur suivi. Les espaces de stratégie et d’organisation structurent les priorités et les plans de progrès. La bibliothèque facilite la conservation et le partage des productions.
Cortex accompagne ces usages au moment où l’acheteur travaille. L’analyse et le livrable peuvent ainsi prendre place dans une démarche identifiable, plutôt que de rester dans une conversation isolée. Les livrables peuvent reprendre les trames, les standards et la charte de l’organisation. Les équipes disposent d’un historique plus exploitable pour expliquer une décision, reprendre un projet ou préparer un point avec leur direction.
Cette continuité dépend aussi de la qualité des informations disponibles. Une donnée absente ne devient pas un fait parce qu’une IA propose une réponse plausible. Les sources, les hypothèses et les points restant à vérifier doivent être examinés avec la même exigence que dans tout travail Achats.
La triple performance change les questions posées
L’intérêt de cette architecture apparaît lorsqu’elle conduit à explorer des leviers que la seule recherche d’un meilleur prix laisserait de côté. La triple performance donne une place aux résultats économiques, sociaux et environnementaux dans la manière d’analyser une situation.
Un cas relaté par Guillaume Gourmelon dans son ouvrage l’illustre. Le passage à des cartons à fonds automatiques sans intercalaires a conduit à repenser ensemble l’emballage et le travail en production. À l’échelle de l’entreprise, le livre rapporte une réduction des coûts de 12 % et une hausse de la productivité de 38 %, mesurée par les indicateurs de cadence.
Ce résultat est antérieur à Cortex. Il montre ce que la méthode cherche à rendre visible : les liens entre conception d’un emballage, gestes de production, contraintes industrielles et performance économique. Une discussion centrée uniquement sur le prix unitaire du carton aurait laissé une partie de ce levier hors du champ.
Avec une IA métier, l’enjeu est d’aider davantage d’acheteurs à explorer ce type d’interdépendances : quelles caractéristiques du besoin influencent le coût complet ? Quelles conséquences pour les utilisateurs et les fournisseurs ? Quels effets environnementaux faut-il mesurer ? Les gains supposés deviennent alors des hypothèses à instruire, puis des résultats à vérifier.
Le prix se négocie.
Les conditions qui le fabriquent se travaillent.
de coûts dans le cas décrit.
Un résultat obtenu avant Cortex.
Élargir le champ des possibles
Explorer les leviers.
Relier leurs effets.
Une représentation commune aide à sortir du seul face-à-face sur les prix et à examiner les dimensions techniques, organisationnelles et responsables du projet.

Du dossier à la décision puis au résultat
Prenons un projet de renouvellement d’un marché d’emballages. Le premier travail consiste à comprendre les achats existants : références, volumes, prix, fournisseurs, usages et contraintes. L’IA peut aider à organiser ces informations et à préparer leur analyse. Les lacunes restent à compléter avec les personnes qui connaissent le terrain.
L’équipe examine ensuite plusieurs scénarios : négociation, standardisation, modification technique, évolution logistique ou changement de fournisseur. Elle évalue les conséquences économiques, les risques, les impacts RSE et les parties prenantes à associer. Cortex contribue aux analyses et aux livrables ; l’acheteur choisit les pistes à approfondir.
Le projet se poursuit avec les consultations, la comparaison des propositions, la préparation des négociations et la formalisation des engagements. Les travaux sont conservés dans le parcours du projet. La direction peut suivre la progression, tandis que les équipes disposent des éléments nécessaires pour justifier leurs choix.
Après la décision, le suivi permet de distinguer le potentiel identifié, le gain validé et le résultat effectivement constaté. Cette distinction est essentielle : une économie annoncée n’a de valeur durable que si les conditions de sa réalisation tiennent dans le temps.
Une intelligence adaptée à la tâche et à l’organisation
Une solution métier doit aussi maîtriser ses dépendances et son coût d’utilisation. Swott développe une approche multi-technologie pour faire évoluer Cortex avec les capacités disponibles, sans confondre la méthode avec un fournisseur de modèles.
La puissance mobilisée doit être adaptée au travail demandé. Toutes les opérations ne nécessitent pas le même niveau de raisonnement. Le cadrage des agents et la sélection des modèles participent à une recherche de sobriété : obtenir un résultat utile en évitant les traitements et les échanges superflus.
Cette logique s’applique également au déploiement. Les usages, les droits d’accès, les documents mobilisés et les règles de validation doivent être définis avec l’organisation. La confiance dépend autant de ces conditions de travail que de la qualité d’une démonstration.
Une transformation construite avec les directions Achats
Une méthode vivante se confronte aux usages. Les retours des équipes permettent d’identifier les étapes trop longues, les formulations ambiguës, les informations manquantes et les productions qui demandent encore trop de reprises.
Le travail de co-innovation engagé avec le Groupe Rocher s’inscrit dans cette démarche. Les échanges autour des usages contribuent à faire évoluer la solution au plus près des besoins des acheteurs. La progression se nourrit de situations concrètes et de leur analyse avec les professionnels concernés.
L’adoption de l’IA met une nouvelle responsabilité entre les mains des directions Achats : développer les compétences qui permettront de l’exploiter avec discernement. Savoir examiner un résultat, identifier une information manquante, construire un raisonnement et défendre une décision devient central.
C’est pourquoi Swott articule formation, accompagnement et équipement. La formation partage les repères. L’accompagnement aide à les appliquer aux dossiers et aux contraintes de l’entreprise. La plateforme les rend utilisables dans le travail quotidien. Cette articulation soutient aussi l’apprentissage des nouvelles générations, qui doivent comprendre le métier tout en apprenant à travailler avec l’IA.
Sous le capot d’Impact³ × Cortex, il y a donc une ambition professionnelle : donner aux acheteurs les moyens de consacrer davantage d’attention aux décisions qui comptent et de rendre leur contribution plus visible.
À l’ère de l’IA, les acheteurs ont un rôle décisif à jouer dans la réinvention de leur métier. Pour des organisations plus performantes, durables et augmentées.
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