Depuis quelques années, la fonction Achats fait face à une double pression. D’un côté, des exigences réglementaires de plus en plus structurantes comme la CSRD, le devoir de vigilance ou EcoVadis. De l’autre, une attente forte des directions générales : créer de la valeur, maîtriser les risques et contribuer à la performance globale, bien au-delà de la négociation des prix.
La CSRD illustre parfaitement cette évolution. Souvent perçue comme un simple exercice de reporting, elle impose en réalité un changement plus profond : repenser la manière dont les décisions sont prises, notamment du côté des Achats.
Car une réalité s’impose désormais clairement :
40 à 80 % des impacts RSE des entreprises se situent dans la chaîne d’approvisionnement.
Cela signifie que les Achats ne sont plus un acteur périphérique de la RSE. Ils en sont devenus l’un des principaux leviers.
Pourtant, dans beaucoup d’organisations, les équipes Achats se retrouvent face à :
- une explosion du volume de données fournisseurs,
- une multiplication des indicateurs RSE et CSRD,
- des outils historiquement conçus pour piloter… uniquement l’économique.
Résultat : beaucoup d’efforts, peu de lisibilité, et un risque croissant de subir la réglementation au lieu de la transformer en avantage stratégique. C’est précisément à ce moment-là qu’émerge une nouvelle figure : l’Acheteur augmenté.
Pourquoi les approches Achats traditionnelles atteignent leurs limites
Pendant longtemps, les méthodes et outils Achats ont été parfaitement adaptés à leur contexte :
- segmentation des portefeuilles,
- analyse des marchés fournisseurs,
- optimisation des coûts et sécurisation des approvisionnements.
Mais l’arrivée massive des enjeux RSE et CSRD a profondément changé la donne.
Trop de données, pas assez de décisions
Aujourd’hui, les équipes Achats doivent composer avec :
- des données financières,
- des données extra-financières,
- des indicateurs hétérogènes issus de multiples référentiels,
- des informations fournisseurs parfois incomplètes ou peu fiables.
Dans beaucoup d’organisations, cela se traduit par :
- des tableaux Excel complexes,
- des reportings produits a posteriori,
- une forte dépendance à des traitements manuels.
Le problème n’est pas le manque de données, mais l’incapacité à les transformer rapidement en décisions utiles. Trop souvent, les informations financières et RSE sont dispersées, peu lisibles et exploitées a posteriori. Sans un tableau de bord Achats structuré, capable de croiser données économiques et extra-financières, la fonction reste cantonnée à un rôle de reporting, là où elle devrait piloter.
Un tableau de bord Achats pertinent ne sert pas à accumuler des indicateurs. Il permet de hiérarchiser les priorités, d’objectiver les risques et d’éclairer les décisions, en donnant enfin aux équipes une vision claire et actionnable de leurs portefeuilles.
Des outils historiques conçus pour un autre monde
Les outils stratégiques classiques (comme les matrices économiques) restent utiles, mais montrent leurs limites lorsqu’il s’agit de :
- intégrer la double matérialité,
- croiser performance économique, risques RSE et attentes des parties prenantes,
- prioriser les actions Achats face à des obligations réglementaires complexes.
Autrement dit, ils permettent de répondre à la question :
“Où sont mes enjeux économiques ?”
Mais beaucoup plus difficilement à celle-ci :
“Où dois-je agir en priorité pour maximiser mon impact économique et RSE ?”
Le risque majeur : une CSRD subie
Sans évolution des pratiques, le risque est clair : la CSRD devient un exercice descendant, les Achats interviennent trop tard et la création de valeur reste limitée. Les équipes se retrouvent alors à produire des données pour répondre à une obligation réglementaire, sans réel levier sur les décisions amont ni sur les priorités stratégiques.
C’est précisément dans ce contexte que l’intelligence artificielle change la donne. Non pas comme un outil de reporting supplémentaire, mais comme un levier de transformation des pratiques Achats, capable d’aider les équipes à structurer l’information, à prioriser les enjeux et à reprendre la main sur la décision avant qu’elle ne soit figée.
L’Acheteur augmenté : une nouvelle posture face à la complexité RSE
L’Acheteur augmenté n’est pas un acheteur « remplacé » par l’IA, c’est un professionnel qui s’appuie sur l’IA pour renforcer son expertise, pas pour la déléguer.
Qui est réellement l’Acheteur augmenté ?
L’Acheteur augmenté est capable de :
- naviguer dans des volumes importants de données,
- comprendre les interactions entre enjeux économiques et extra-financiers,
- prioriser ses actions avec méthode,
- dialoguer efficacement avec la RSE, la finance et la direction générale.
Il combine trois piliers devenus indissociables :
- l’intelligence humaine (analyse, arbitrage, négociation),
- la maîtrise des enjeux RSE et CSRD,
- l’intelligence artificielle comme copilote décisionnel.
Pourquoi l’intelligence humaine seule ne suffit plus
Même les équipes les plus expérimentées se heurtent aujourd’hui à :
- la fréquence des mises à jour réglementaires,
- la complexité des chaînes d’approvisionnement,
- la diversité des risques fournisseurs,
- l’interconnexion croissante des indicateurs.
L’IA ne remplace pas le jugement de l’acheteur. Elle lui permet de :
- traiter la complexité à grande échelle,
- gagner du temps sur l’analyse,
- se concentrer sur les décisions à forte valeur ajoutée.
Téléchargez gratuitement ce guide en remplissant le formulaire ci dessous
Comment l’IA transforme concrètement les pratiques Achats RSE
Structurer et fiabiliser les données RSE fournisseurs
Premier apport clé : la capacité à :
- centraliser des données dispersées,
- croiser différentes sources (internes et externes),
- détecter les incohérences ou zones de risque,
- fiabiliser les bases de travail.
Cela permet de sortir d’une logique déclarative pour aller vers une lecture plus robuste et plus exploitable des enjeux fournisseurs.
Prioriser les actions Achats face aux exigences CSRD
L’IA permet également de :
- analyser les matérialités économiques et RSE,
- identifier les familles Achats réellement critiques,
- hiérarchiser les risques et opportunités,
- orienter les plans d’action là où l’impact est maximal.
Plutôt que de tout traiter en même temps, l’Acheteur augmenté apprend à agir mieux, pas forcément plus.
Passer d’un pilotage déclaratif à un pilotage par l’impact
Enfin, l’IA ouvre la voie à :
- des scénarios d’aide à la décision,
- une meilleure anticipation des risques,
- un alignement renforcé entre performance économique et RSE.
La fonction Achats ne se contente plus de produire des indicateurs. Elle pilote réellement ses impacts.
IA, RSE et performance : un faux dilemme dépassé
Une meilleure maîtrise des enjeux RSE permet :
- de réduire les risques supply chain,
- d’améliorer la résilience des organisations,
- d’optimiser les coûts globaux (TCO),
- de renforcer la crédibilité auprès des parties prenantes.
L’IA agit ici comme un accélérateur de maturité, en aidant les équipes Achats à faire les bons arbitrages, au bon moment.
Devenir Acheteur augmenté : par où commencer concrètement ?
Cela commence par une compréhension claire de son niveau de maturité.
Avant de déployer de l’IA ou de lancer des projets ambitieux, il est essentiel de :
- évaluer l’organisation Achats,
- analyser la structuration des données,
- identifier les écarts entre enjeux CSRD et pratiques actuelles,
- prioriser les leviers réellement activables.
C’est précisément l’objectif d’un Diagnostic Achats structuré : poser un état des lieux factuel, partager une vision commune et construire une trajectoire réaliste.
L’IA, la RSE et la CSRD ne sont pas des sujets à traiter séparément. Ils dessinent ensemble le futur de la fonction Achats. L’Acheteur augmenté n’est plus une option. Il est en train de devenir la norme pour celles et ceux qui veulent transformer les contraintes d’aujourd’hui en leviers de performance durable.

