Gestion des fournisseurs : structurer la relation et mesurer les progrès

24 août 2023
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17 minutes de lecture

La rédaction Swott · Mis à jour le

Réunir les fournisseurs une fois par an, demander des documents et renégocier les prix ne constitue pas encore un pilotage de la relation. Une gestion efficace relie le service attendu, les engagements réciproques, les résultats observés et les améliorations à conduire ensemble.

L’essentiel à retenir

La gestion des fournisseurs organise la relation depuis l’entrée dans le panel jusqu’à son évolution ou sa sortie. Elle combine qualification, suivi des engagements, évaluation, gestion des risques et plans de progrès. L’intensité du pilotage doit être proportionnée aux enjeux économiques, aux dépendances, aux impacts RSE et aux attentes des utilisateurs.

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Comprendre en pratique

Quatre décisions qui font progresser une relation

01

Cadrer

Clarifier le besoin, les engagements et la manière de travailler.

02

Observer

Comparer les résultats aux attentes et comprendre les écarts.

03

Améliorer

Choisir des projets communs, des responsables et des moyens.

04

Réexaminer

Mesurer les effets et décider de la suite de la relation.

Boucle de pilotage pédagogique. La revue des résultats peut conduire à développer la relation, la corriger, la diversifier ou préparer une transition.
01 / Relation fournisseur

Que recouvre la gestion des fournisseurs ?

La gestion des fournisseurs couvre des activités complémentaires : identifier les partenaires pertinents, vérifier leur capacité à répondre au besoin, organiser l’exécution, mesurer les résultats et traiter les évolutions. La relation peut ensuite être développée, maintenue, réorganisée ou arrêtée selon les faits et les contraintes applicables.

Le pilotage courant ne se confond pas avec une stratégie de famille Achats. La stratégie examine le besoin, le marché et les options sur le portefeuille. La relation fournisseur met en œuvre certains choix et apporte des informations pour les réexaminer.

Le terme SRM, pour Supplier Relationship Management, désigne le management de la relation fournisseur. Il peut inclure des relations de développement approfondies, mais ne signifie pas que chaque fournisseur doit devenir un partenaire stratégique. La qualité du pilotage vient de son adéquation aux enjeux.

02 / Relation fournisseur

Adapter l’intensité du suivi aux situations

Un prestataire standard, un fournisseur à forte dépendance et un partenaire engagé dans une innovation ne demandent pas la même organisation. Segmentez les relations selon ce qu’elles nécessitent, en évitant de déduire leur importance du seul chiffre d’affaires.

Trois modalités de relation, à adapter au contexte
SituationPriorité de gestionRythme et moyens
Besoin standard, alternatives disponiblesFiabilité du service et simplicité d’exécution.Indicateurs essentiels et traitement des exceptions.
Exposition importante ou dépendance forteContinuité, maîtrise des causes d’incident et options de secours.Revues ciblées, responsables identifiés et plan de traitement.
Potentiel de progrès partagéÉvolution du besoin, innovation et amélioration mesurable.Gouvernance de projet, essais et arbitrages communs.

Ces situations peuvent se cumuler. Un fournisseur utile à l’innovation peut aussi présenter une dépendance forte. Le classement sert à affecter les moyens, pas à créer une étiquette permanente.

La lecture Kraljic et Impact³ du portefeuille Achats aide à situer les enjeux des familles avant de préciser le niveau de pilotage des relations.

03 / Relation fournisseur

Installer les conditions d’une relation exécutable

L’entrée en relation doit clarifier les conditions nécessaires au fonctionnement : données du fournisseur, interlocuteurs, règles de commande, spécifications, modalités de réception, facturation et traitement des incidents. Des engagements ambigus produisent des litiges qui ressemblent à tort à un défaut de performance.

Confrontez le contrat aux processus réels. Le fournisseur sait-il qui confirmer, qui alerter et quelle version du cahier des charges utiliser ? Les utilisateurs connaissent-ils les limites du service convenu ? Les approvisionneurs disposent-ils d’un circuit utilisable en cas d’urgence ?

Pour les changements importants, préparez une transition : jalons, tests, validation de la qualité, continuité des données et retour possible en cas de difficulté. Les conditions de reprise et de sortie se discutent plus sereinement avant qu’une crise ne les rende urgentes.

04 / Relation fournisseur

Choisir des indicateurs qui éclairent une décision

Un indicateur doit avoir un sens partagé. Le taux de service peut être calculé par ligne, commande ou quantité ; avec la date demandée ou la date confirmée ; en tenant compte ou non des livraisons partielles. Sans convention, le fournisseur et l’acheteur peuvent défendre deux chiffres exacts mais incomparables.

Exemples d’indicateurs et de questions de revue
DimensionIndicateur possibleDécision éclairée
ServiceLivraisons conformes à la date et à la quantité convenues.Corriger les causes de retard et fiabiliser les engagements.
QualitéNon-conformités rapportées au volume reçu.Prioriser une action technique ou un contrôle.
Coût totalCoût du besoin incluant les effets d’exécution retenus.Comparer un changement de prix à ses autres conséquences.
RisqueMesures de continuité effectivement opérationnelles.Décider d’un renforcement ou d’une qualification.
RSERésultat mesuré sur un impact matériel du projet.Vérifier si la transformation produit l’effet recherché.
UtilisateursIncidents d’usage ou satisfaction sur un périmètre défini.Réexaminer le besoin ou le niveau de service.

Limitez le tableau de bord à ce que les acteurs peuvent comprendre et utiliser. Les données plus détaillées restent accessibles pour l’investigation. Une note unique peut aider à naviguer, mais ne doit pas effacer une alerte importante.

05 / Relation fournisseur

Conduire une revue fournisseur qui produit des engagements

Une revue utile commence avant la réunion. Partagez les données et les questions, identifiez les écarts de calcul et invitez les personnes capables d’expliquer les causes ou de décider. La réunion ne doit pas servir uniquement à découvrir un score.

  1. Revenir sur les actions précédentes : ce qui est fait, ce qui reste bloqué et ce qui a produit un effet.
  2. Examiner les écarts importants : faits, causes possibles et conséquences.
  3. Regarder les besoins à venir : volumes, changements, capacités et contraintes.
  4. Choisir les progrès prioritaires : quelques actions réalistes, avec leurs moyens.
  5. Formaliser les engagements : responsable de chaque côté, échéance et preuve attendue.

La cadence dépend de la situation. Une crise peut nécessiter un suivi rapproché ; une relation stable peut être pilotée plus légèrement. Séparez les urgences d’exécution des projets de transformation pour ne pas laisser les premières absorber systématiquement les seconds.

06 / Relation fournisseur

Exemple : transformer un problème de casse en projet partagé

Cas fictif : une entreprise constate de la casse sur un produit livré dans un emballage acheté. Le premier réflexe pourrait être d’exiger un emballage plus résistant. L’analyse associe le fournisseur, la production, la logistique et les utilisateurs pour examiner aussi le calage, la manutention, les conditions de transport et la conception.

L’équipe compare trois solutions : renforcer l’emballage actuel, modifier le calage et la méthode de préparation, ou adopter un contenant réutilisable sur une boucle appropriée. Elle définit les conditions d’essai et les effets à mesurer avant de choisir.

  • Économique : achat, préparation, transport, casse et éventuels retours.
  • Supply chain : disponibilité, délais, dépendance et fonctionnement en pointe.
  • RSE : matière consommée, transport et fin de vie sur un périmètre cohérent.
  • Utilisateurs : protection, manutention et contraintes de réception.

Le résultat n’est pas présumé. Une solution réutilisable n’est pertinente que si les rotations, le retour et les pertes permettent d’obtenir les bénéfices attendus. Le plan de progrès repose sur les essais, puis sur les résultats réels.

07 / Relation fournisseur

Intégrer la RSE dans les décisions de la relation

Une démarche responsable examine les impacts liés au besoin et à ses conditions de réalisation. Elle ne se résume pas à demander un questionnaire ou une signature de charte. Les informations collectées doivent permettre de prévenir des dommages, d’améliorer des pratiques ou de choisir une évolution du besoin.

Les attentes doivent être compréhensibles et proportionnées. Tenez compte de la capacité du fournisseur à documenter le sujet et accompagnez les investigations importantes. Examinez également vos propres pratiques : modifications tardives, délais irréalistes ou instabilité des prévisions peuvent dégrader les conditions d’exécution.

Les lignes directrices ISO 20400 constituent un repère pour intégrer la responsabilité dans les achats. La méthode Impact³ organise le travail autour de la performance économique, des risques supply chain, des impacts RSE et des attentes des parties prenantes. Le plan d’action transforme ces analyses en projets mesurables.

08 / Relation fournisseur

Traiter les désaccords et préparer l’évolution de la relation

Un désaccord sur un prix, une qualité ou un engagement doit être documenté : fait, conséquence, position de chaque partie et proposition de résolution. Distinguez l’urgence de continuité du traitement de fond. Une relation ancienne ne dispense pas de traiter une difficulté ; un incident ne justifie pas automatiquement une rupture.

Lorsque le dialogue se bloque, le Médiateur des entreprises propose un dispositif de médiation pour certains différends interentreprises. Son cadre et les conditions de saisine sont présentés sur le site du ministère de l’Économie. La pertinence de cette voie dépend de la situation.

Développer, maintenir, diversifier ou préparer une sortie sont des décisions qui doivent s’appuyer sur des faits et un plan exécutable. La sortie nécessite notamment d’examiner les engagements applicables, les délais, les stocks, les outillages, les données et la continuité du service avec les compétences concernées.

Le bilan de la relation nourrit ensuite la stratégie du portefeuille. C’est ce retour d’expérience qui fait progresser les pratiques au-delà d’un seul fournisseur.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le SRM ?

Le Supplier Relationship Management désigne le management de la relation fournisseur. Il organise les engagements, le suivi des résultats, les échanges et les progrès selon les enjeux de la relation.

Qui pilote la relation fournisseur ?

Le rôle dépend de l’organisation et du besoin. Les Achats coordonnent généralement la relation commerciale et le marché, avec les métiers, la qualité, la supply chain et les autres experts concernés. Les responsabilités doivent être explicites.

Faut-il un plan de progrès pour chaque fournisseur ?

Pas nécessairement. L’intensité du pilotage doit être proportionnée aux enjeux. Un suivi simple peut suffire pour une relation standard ; une dépendance forte ou un potentiel de transformation justifie un travail plus approfondi.

Une charte fournisseurs suffit-elle pour intégrer la RSE ?

Non. La charte exprime des attentes. Il faut ensuite examiner les impacts pertinents, vérifier les informations utiles, décider d’actions et suivre leur mise en œuvre ainsi que leurs résultats.

Quand revoir la segmentation des fournisseurs ?

Lorsqu’un changement de besoin, de marché, de performance ou de dépendance modifie les enjeux. Une revue périodique permet aussi de vérifier que le niveau de pilotage reste adapté.

Publié le 24 août 2023
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mis à jour le 14 septembre 2026

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